« Un pied dedans, un pied dehors » rencontre avec le Centre Erasme – LivingLab de Lyon Métropole

IMG_1359   IMG_1392

Agilité, créativité et surtout… rendre possible !

Voilà en quelques mots ce que nous avons partagé avec Yves-Maël Martin, directeur et Christophe Monnet, directeur adjoint, lors de notre visite du Centre Erasme – LivingLab – implanté au cœur de la métropole lyonnaise, à Villeurbanne.

Laboratoire d’innovation ouverte et service « usages numériques », le centre Erasme expérimente et développe les usages du numérique de demain avec les acteurs du territoire (collèges, musées, communes, seniors, etc.).

« Un pied dedans, un pied dehors ? » Parce qu’innover c’est associer le penser et le faire, parce que lorsqu’une institution s’empare de l’innovation, elle impulse un double mouvement, « in », en transformant progressivement son organisation, « out », pour et avec les acteurs de son territoire. Mais, par quel pas commencer pour entrer dans la danse ?

Des explorateurs

La genèse de ce projet remonte à une initiative portée par un sénateur, René Tregoüet, conseiller général du canton de Saint-Laurent-de-Chamousset dans le Rhône, il lance dès 1999, une structure atypique et expérimentale à l’époque, d’accompagnement des usages dans les collèges. Service départemental et désormais métropolitain, le centre Erasme s’est développé au fil des années tout en conservant son identité ; il est désormais intégré à la Direction de l’innovation numérique et des systèmes d’information, en lien avec les autres services usagers de l’institution.

En s’appuyant sur cet outil transversal, il s’agit d’innover à partir des technologies avec les usagers, ou en d’autres termes, co-produire les usages (agencer, transformer, modifier, etc.). Toute démarche s’entreprend avec les « experts du quotidien », à savoir, les collégiens, les personnes âgées ou en situation de handicap, les visiteurs de musées, etc.

Le centre Erasme est également membre du réseau européen des LivingLab, regroupant les structures engagées dans une démarche d’innovation intégrant les usages.

L’innovation en mode usages éducatifs, culturels et sociaux

Concernant l’éducation, l’équipe accompagne les usages numériques dans les collèges, des projets tels que le cartable en ligne (en Open Source), le site laclasse.com, etc. Ils expérimentent aussi comment allier mathématiques et objets connectés. Leur pépite … la création des classes culturelles numériques en 2003, un dispositif qui développe les usages numériques sur le territoire par l’accueil d’un artiste ou d’un scientifique en résidence dans la classe et en ligne (collaboratif et transdisciplinarité). D’autres projets sont menés, le prototypage d’une maison d’étudiants, et très prochainement un EducMix, pour remixer un collège.

Concernant la culture, des expériences ont été conduites lors de la conception du musée des Confluences, notamment en initiant un laboratoire qui recrée le musée. Le projet de MuseoMix est parti de là… Le centre Erasme est ainsi un laboratoire expérimentant sur tous les usages des publics dans les musées de la métropole lyonnaise.

C’est également dans une démarche de « ville contributive » qu’il s’inscrit, dans le rapport à la SmartCity, qui n’est par conséquent ni « techno-cité », ni « E-Cité ».  

Enfin, la ville est également appréhendée comme un terrain de jeu, thématique retenue en 2016, avec le projet Jouer la ville.  Mobilisant des élèves en design de la métropole, l’opération se déroule sur une dizaine de jours en expérimentant tous les champs possibles du numérique, par les mécaniques ludiques, afin de co-construire une ville inclusive.  Différentes phases articulent les travaux, les phases d’inspiration, de jeu, et d’idéation. Autant d’opportunités pour échanger et participer, observer les usages, définir un Game Play, scénariser les interactions, accompagner et développer, fabriquer et prototyper, mettre en scène et enfin, tester et évaluer.

IMG_1384   IMG_1391

Le « Tiens, finalement c’est possible ! »

Deux méthodes d’expérimentation, celles du Mix et du Lab. Le Mix est un temps court qui permet de modifier les organisations, de ré-envisager les manières de travailler, et d’entendre la petite voix, celle du « Tiens, finalement c’est possible ! ». Le Lab est un temps plus long, de création de nouvelles pratiques, de nouveaux savoirs. Le centre Erasme se définit ainsi comme un « do tank », tout est disponible ici pour le prototypage, un « tech shop », ou une immersion dans le « garage de Batman » ! Quant à l’UrbanLab, il permet de remixer les organisations et de travailler de manière plus transversale.

En associant des métiers, des politiques publiques et des experts créatifs, la collaboration devient possible. Les communs s’articulent autour des outils, des usages et des services. Les communautés sont professionnelles et/ou créatives, par exemple, celle des « enseignants innovants ».

En interne, au sein d’une organisation complexe, ses procédures et ses contraintes, l’essaimage se fait progressivement avec les services demandeurs. Des sessions de créativité sont par exemple proposées aux agents de la métropole, les réunions sont organisées au Living Lab, etc. Mais le point de vigilance serait de ne pas aller trop vite dans cet essaimage, l’approche devant permettre de structurer en interne un vivier de personnes en capacité de réceptionner ces démarches, afin qu’ils en soient les ambassadeurs.

Le modèle est donc bien celui de l’innovation, avec d’une part, l’ouverture (Open Source, licence  libre), dans une logique de création aussi de valeurs et donc de communs ; d’autre part, pour le modèle économique une labellisation se met en place sur certains projets étant essaimés sur d’autres territoires ; et enfin, en matière de suivi, la démarche est celle d’un incubateur et d’un lab.

Quant à l’évaluation, elle est intégrée systématiquement et en permanence dans les projets, notamment avec l’Université. Elle peut se construire de manière transversale, entre élus, avec d’autres collèges, etc. La documentation joue également un rôle important.

IMG_1373   IMG_1369

Un pas plus loin ?

Deux axes se dessinent, d’une part la nécessité de disposer en interne des compétences à essaimer autour du design de service, du design thinking, afin d’être un accélérateur de projets innovants, le collaboratif permettant d’ouvrir d’autres possibles et manières de travailler différemment ; et d’autre part, une certaine agilité et donc autonomie est indispensable, en disposant d’une structure plus souple pour répondre aux demandes autour des usages numériques des acteurs du territoire. On peut également évoquer la piste de l’intraprenariat, dans quelle mesure peut-elle faire sa place dans la culture de l’innovation publique ? Et l’articulation entre le « think tank » (prospective) et le « do tank » n’est-elle pas elle aussi source d’innovation ?

Lors de ses premiers pas, ce service est parti « avant les autres », il a dû faire de nombreux « pas de côté », et est déjà sûrement « quelques pas plus loin ». « Un pied dedans, un pied dehors » ? La culture de l’innovation c’est aussi le résultat d’une histoire d’un territoire, et cela demande du temps, mais aussi de se mettre en mouvement. « Allez venez et entrez dans la danse, allez venez, laissez faire (…) » !

Pour en savoir plus

www.erasme.org

http://fr.slideshare.net/yamartin/prsentation-urban-lab-jouer-la-ville

Une aventurière – Chrystelle Prieur

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>