Voyage à la DINSIC

La DINSIC est la Direction interministérielle du numérique et du SI de l’État (une direction du ). Cet article de Silicon.fr en précise la genèse:

« Devenu DSI de l’Etat en septembre dernier, Henri Verdier, également Administrateur général des données, hérite d’un service aux compétences et aux ambitions élargies. La Disic, que dirigeait précédemment Jacques Marzin, est en effet devenue la Dinsic, le n de l’acronyme signifiant d’ailleurs numérique. Ce service élargi regroupe en réalité 6 composantes : le RIE (Réseau interministériel de l’Etat), la Disic (Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication), le service d’administration numérique du SGMAP, Etalab (la mission chargée de l’open data), l’Administrateur général des données (dont la mission est de pousser l’usage des data sciences au sein de l’Etat) et l’incubateur de start-up d’Etat (qui approche aujourd’hui la dizaine de projets). »

Située sur le quai André Citroën dans le 15ème arrondissement de Paris, on y découvre un plateau en étage composé de bureaux individuels mais également de nombreux « open-spaces » qui rappellent l’esprit de certains tiers-lieux et espaces de co-working. Pour reprendre les termes proposés par l’APIE pour cerner les Tiers Lieux au sein de l’Etat et des collectivités publiques, trois dimensions clés sont en effet présentes dans la composition de ces environnement:

  • Convivialité (espaces détente, café, attention particulière à l’ambiance)
  • Créativité bienveillante (interdisciplinarité, profils décalés)
  • Porosité (équipement de visioconférence, diversité des équipes, accueil de publics via des événements type hackathon comme ceux organisés pour l’OGP)

Open Space

Le lieu fourmille de projets et d’initiatives, mon hôte (Romain Talès) après m’avoir brièvement resitué l’origine du projet Etalab, me détaille particulièrement trois d’entre eux.

 1. Open Data

C’est le coeur du service, il s’agit de connecter les administrations et la société civile. Ce n’est pas un catalogue de données mais bien la visibilité sur les usages qui est privilégiée. L’arrivée d’Henri Verdier à permis de passer de briques propriétaires à une dynamique ‘libriste’ avec du codes open source pour plus de transversalité et de mutualisation.
Il s’agit bien à terme de développer un « Service public de la Donnée » et de « libérer » des Bases de l’Etat. A ce jour, 6 bases de données en consultation:

– BAN
– Plan Cadastral
– Sirene – Hackathon
– RPG agence des services et paiements (cultivalbes)
– RGE réf grande echelle
– RNA répertoire

En terme de ressources humaines, il y a eu une internalisation de 3 postes de dev  (agiliste, frontist, backend) qui produisent du code source ouvert et librement réutilisable sur le github d’Etalab. Deux pays (luxembourg et serbie) ainsi que le SGAR occitanie ont d’ailleurs forké leur code.

La partie UX (expérience utilisateur) à été confiée à l’agence: No-Design dans le cadre d’un marché outsourcé pour la partie design. Les équipes de Jean-Louis Fréchin ont ainsi redessiné la charte graphique, optimisé le parcours utilisateur.dans une logique open-source, avec des documents en creative commons qui se retrouvent sur le repository github d’Etalab avec des. modules pour permettre l’échange entre communautés de développeurs.

2. Open Government

PGOLa vitalité de l’équipe est fondée sur le renouvellement du modèle démocratique que ce soit par la prise de participation dans la discussion publique grâce à des hackathons, barcamps, opendatacamps, mais également par la mise à disposition des données de la base pour qu’elles soient facilement réutilisable. La communication via des événements dédiés pour rassembler l’ecosystème, d’une durée de 24 ou 48 heures, avec des équipes métiers qui travaillent sur les données et les font connaître de l’écosystème des startups, des data journalistes, des citoyens. C’est un nouveau mode de fonctionnement de l’administration publique en Open Innovation, l’administration s’ouvre totalement
sur l’exterieur, par des consultations publiques comme la loi sur la république numérique où plus de 1400 contributions furent intégrées ensuite dans le parcours législatif standard. Les citoyens ont un rôle à jouer dans la mise en oeuvre de politiques publiques.

Adhésion de la France à l’OGP est le socle de cet engagement fort et permettra d’accélérer l’échange de bonnes pratiques sur le renouveau démocratique (en septembre AG des Nations Unies par exemple). La DINSIC a un plan d’action sur 2 ans, pour engager les ministères sur l’ouverture de données, le pilotage de politiques publique avec un plan d’action mi-parcours. La DINSIC rédige en ce moment le deuxième volet 2017-2019.

Le sommet mondial de décembre aura un devoir d’exemplarité, avec des gros sujets portés:

  • développement durable
  • lutte anticorruption
  • civic tech : acteurs au coeur de l’innovation

Cela se traduira par exemple par le développement d’initiatives autour de la transparence de la commande publiqueavec des expérimentations concrètes autour de solutions financières, en mode Barcamp de la commande publique.Les mots-clés seront la confiance, la visibilité, et l’humain au coeur du fonctionnement, pas une bulle et en chambre mais bien des lieux de rassemblement, des événements, des outils pour itérer, énormément d’intelligence qui se dégage, il faut la porter.

Finalement, la Data c’est la cerise sur le gateau. Le renouvellement du fonctionnement entre la société civile et les administrations est la clef: changer le rapport, il ya un contre-pouvoir qui fait valoir ses idées, il s’agit de s’appuyer sur son savoir faire au bénéfice de l’intérêt général.

 3. Data Sciences

Afin d’éclairer ces sujets, l’Etat à nominé un administrateur général des données (CDO chief data officer), c’est Henri Verdier. Ce poste créé de toute pièces s’appuie sur 4 data scientists, des statisticiens qui font du R avec data.gouv.fr. Leur but ? : luidifier la donnée. La donnée apporte de la pertinence et de l’efficacité dans les missions. Par exemple, pour anticiper les vols de voiture dans l’Oise, retraiter les infos, faciliter l’allocation des ressources, optimiser le positionnement des ressources. Cela permet notamment l’optimisation de patrouilles par ce qu’on appelle des modèles « prédictifs ». On fait une analyse profonde des séries statistiques, avec des algorithmes pour changer d’axes.

Incubateur de Services Publics

LeTaxiAfin de mettre en oeuvre cette alchimie a été créé un véritable creuset: l’Incubateur de Services Publics qui agit en transverse via des MAPA (marchés publics simplifiés). C’est par exemple une administration qui rencontre des irritants ou un agent public qui n’arrive pas à mettre en oeuvre sa mission de service public. L’ISP apporte une solution technologique, développe un POC (proof of concept) grâce à un chef de projet agiliste et deux devs plus un admin. Il suffit juste de dégager 200k et on lance la Startup D’Etat. On trouve ensuite un ambassadeur qui a ce problème et on itére autour du POC. Au bout de 6 mois, si ça marche on continue sinon, on jette. On est un catalyseur, on met en place la structure, le produit, la cible, et après on donne les clefs du camion aux administreurs pour devenir product owner. Les marchés publics simplifiés ont par exemple permis la création de services comme mes aides, la bonne boite, la bonne formation, le taxi.  Notre prestatire OCTO Technologies nous met à dispotion des ETP, via un marché cadre. Pour la datascience, on passe par plusieurs prestataires

 

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