Les Aventuriers à Marseille

Le territoire Provence Alpes Côte d’Azur : innovant, enthousiaste et hospitalier !

2 jours, 3 initiatives.

L’aventure se voulant entière et audacieuse, j’avais décidé de partir à Marseille, ville dont je ne connaissais rien si ce n’est ce que j’en entendais des médias, très insuffisant pour se forger sa propre opinion.

Située à 3h30 de Paris en train, Marseille possède cet atout non négligeable d’être en transport collectif si proche de la capitale alors que les deux villes sont distantes de 800 kms.

MARSEILLE SOLUTIONS

À Marseille solutions, de l'enthousiasme pour aller vite.
À Marseille solutions, de l’enthousiasme pour aller vite.

Le 1er rendez-vous est fixé juste en face de la gare St Charles. C’est ainsi aisé pour se repérer pensais-je. En fait, au-dessus d’un café, se trouvent les bureaux de « Marseille solutions ». Bien vu ! Tarik, un des co-fondateurs de l’association m’explique que le café est un lieu de passage où se côtoie une population très diverse.

Nous abordons en premier lieu la vision de l’association : « voir grand, commencer petit, aller vite ». Ne serait-ce pas là le talent de l’innovation ?

En sirotant notre café, Tarik me demande si une initiative m’intéresse davantage qu’une autre. Ce jeudi, la presse fait écho du Lab Zéro et de l’action en faveur du sans-abrisme. D’un esprit plutôt révolté lorsqu’il s’agit de la pauvreté et de la précarité, la thématique me convient. L’objectif fixé par les coopérants (institutions publiques, associations…) est ambitieux. Non, utopique même. Ou plutôt idéal. « Souhaitable » me souffle Tarik car oui « le souhaitable est possible ». Pourquoi ne le serait-il pas ? Le Lab Zéro vise en effet « zéro problème » et pour se concrétiser, des solutions innovantes. Je comprends rapidement qu’à Marseille, un problème chasse l’autre et que les nouvelles politiques veulent de la réactivité afin que la ville ne soit plus perçue comme ce point névralgique du sud de la France où toutes les difficultés se concentrent.

Tarik m’informe que techniquement tout est faisable et ce qui paraît le plus complexe est peut-être le plus aisé : des bâtiments vides, propriétés de l’Etat peuvent être mis à disposition pour que les 12 000 SDF de Marseille ne dorment plus dehors. Mais loin, très loin du ghetto, il faut imaginer un contexte d’accueil de la grande pauvreté. Et pour ça, le Lab a aussi ses solutions : donner des baguettes magiques aux membres du pilotage de projet. Oubliés les fonctions, les grades, les préjugés ! Il n’y a plus de Préfet, plus de secrétaire général, plus de président ou d’assistants. Seul l’objectif compte : répondre à des besoins ordinaires et vitaux en y insufflant un esprit concerné, intéressé, sensible. Le collectif travaille sur la grande vulnérabilité à l’endroit qui devrait les accueillir. C’est concret, ça va vite comme l’exigent les étapes de l’innovation.

SMART Région PACA

A la Région PACA, sensibiliser à la SMART Région et diffuser l'innovation
A la Région PACA, sensibiliser à la SMART Région et diffuser l’innovation

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Dans l’après-midi, rendez-vous est pris avec la « SMART Région » à la Région P.A.C.A.

A 14h30, je rejoins Patrick, mon binôme pour cette visite à proximité de la Joliette. Juste avant, j’ai déjeuné avec un collègue du Département des Bouches-du-Rhône. L’innovation au Conseil départemental ? Cela viendra sans doute mais l’idée est encore tenace de penser que l’innovation est seulement un effet de mode, pas tangible. Alors en 2017, il n’y a pas encore de service dédié au CD 13.

À la Région, au contraire, l’innovation a toute sa place depuis quelques années et c’est un service déjà étoffé que nous rencontrons. L’institution travaille depuis 7 années sur cette nouvelle culture, notamment avec la 27e Région. L’unité rencontrée est rattachée à une direction adjointe. Peut-être le bémol dans un historique qui a su pérenniser l’action. Idéalement, un service innovation est connecté au Directeur général pour des raisons d’exemplarité, de portage, de diffusion de la culture.

Dans des locaux revus pour le service, avec une disposition qui permet d’afficher des pratiques innovantes, Anaïs et Natacha ont déjà une solide expérience dans le design de service(s). L’opérationnel est donc vite sur les rails et a permis de travailler sur les stations de ski et avec les ports de la Région. Mais nos deux collègues ont d’autres ambitions : intégrer le territoire, compléter une offre de prestations et développer le réseau régional de services territoriaux d’innovation créé il y a un an dans le cadre de la semaine nationale de l’innovation publique. Pour aller encore plus loin, le service planche sur un évènement régional de l’innovation sur lequel elles misent beaucoup pour sensibiliser l’ensemble de la communauté publique aux enjeux liés à la démarche d’innovation.

Patrick et moi quittons la Région avec l’enthousiasme bienveillant partagé par Annaïs et Natacha : nous les pensons capables de grandes et belles choses en matière d’exemplarité dans ce domaine si fécond de l’innovation.

Le lendemain…

COOPÉRATIVE HÔTEL DU NORD

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Je me retrouve à nouveau dans un café et tant mieux car j’adore ces lieux de conversations ! Julie m’a donné rendez-vous à la Cannebière. Ce quartier résonne comme un lieu mythique de Marseille. Je découvre un quartier de vie, populaire. Mais sûrement suis-je bien loin des quartiers Nord dont va ma parler Julie, représentante de l’association « Coopérative Hôtel du Nord ».

Les quartiers Nord de Marseille véhiculent une image d’une ville délaissée, négligée, dangereuse. L’image est glauque : y’a-t-il autre chose à montrer que les tours d’habitation ? « Oui ! » a répondu en 2006 une mission sur la conservation du Patrimoine. Un inventaire des ressources bâties et d’intérêt patrimonial a été élaboré. Cette cartographie n’apparaissait alors nulle part. Délaissé, le patrimoine n’avait pas fait la preuve de son utilité touristique et pour cause : qui aurait imaginé créer un flux de tourisme dans ces quartiers Nord ? Il en fallait de l’audace ! Porté par le retentissement des Journées du Patrimoine en 2008 et en 2009, une coopération territoriale se met en place pour plancher sur la place de l’habitant mais aussi ses ressources et peut-être ses besoins. Une première action est lancée : 50 chambres et 50 balades sont proposées dans ces quartiers Nord pour héberger un tourisme industriel, certainement un peu décalé. Une fois de plus, la couverture médiatique est assurée par la curiosité. Aller plus loin, plus fort ? N’est-ce pas un peu le leitmotiv de l’innovation ?

L’étape suivante de la coopérative s’attaquait à une institution bien implantée dans le paysage Nord : l’hôpital Nord de Marseille, un des 4 hôpitaux de l’AP-HP de Marseille. Un hôpital est-il une ressource pour un territoire ? « Oui bis ! » a répondu la 27e Région et la coopérative Hôtel du Nord, « et nous allons vous le démontrer… ». L’étude s’est portée sur les aidants ; ceux qui accompagnent les malades et ont besoin à l’occasion d’une hospitalisation de leurs proches de séjourner à proximité, de se nourrir, de se divertir. L’usager fut le sujet central et l’attention que doit lui porter l’hôpital pourrait se résumer en un mot : l’hospitalité ou la bienveillance des moments douloureux. Accueil café, bonnes adresses, marché de producteurs locaux et parcours de santé sont des actions mises en place depuis la réflexion générale. Les habitants proposent leurs chambres aux aidants de la même façon qu’aux touristes et ont redécouvert à de multiples occasions leurs quartiers reliés désormais par une demande et une offre.

Et jamais deux sans trois : il me tarde de déjà connaître la suite des réflexions possibles dans les quartiers du Nord qui serait alors une 3e étape…

 

Gaëlle